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Savoir-faire

Où est votre savoir-faire ? L’inventaire en 4 colonnes [qui dit tout] (2026)

Un savoir-faire posable tient sur trois critères. L'inventaire en quatre colonnes pour sortir ce que vous savez faire, et choisir une seule chose au lieu de dix.

Où est votre savoir-faire ? L'inventaire qui dit tout

Vous avez un savoir-faire. Vous le dites rarement comme ça, parce que pour vous c’est « juste votre métier ». C’est exactement pour cette raison que la plupart des gens continuent à vendre leurs heures sans même voir ce qu’ils pourraient poser à côté.

Avant de poser quoi que ce soit, il y a un geste que personne ne fait et qui change tout : le nommer noir sur blanc, sur une feuille. Cet article vous fait faire cet inventaire maintenant.

Ce qu’est un savoir-faire posable

Un savoir-faire qui se pose

Trois critères, pas plus

Deux façons de gagner sa vie avec ce que vous savez faire.

Il y a deux façons de gagner sa vie avec ce que vous savez faire : le savoir porté et le savoir posé.

Le savoir porté, c’est quand votre savoir passe par vos heures. Vous êtes payé à l’heure ou à la journée. Tant que vous êtes là, ça tourne. Dès que vous vous arrêtez, tout s’arrête.

Le savoir posé, c’est quand vous mettez ce même savoir une fois sous une forme qui travaille sans vous : une méthode, une fiche, un guide, un atelier, un modèle. Le résultat peut alors servir dix fois, alors que vous n’avez travaillé qu’une fois.

Le test en une phrase : « Est-ce que quelqu’un paierait pour ça même si je n’étais pas dans la pièce ? » Si la réponse est oui, vous tenez un savoir-faire posable. Si la réponse est non, ce n’est pas mauvais, mais ça reste du porté.

Les 3 critères d’un savoir-faire qui peut se poser

Trois critères, pas plus

Ce qui distingue un talent d'un service vendable

Un savoir-faire n’est pas posable « parce qu’on le sent ». Il remplit trois critères, et on peut les vérifier à froid.

Critère 1 : vous le faites mieux que la moyenne.

Pas « mieux que tout le monde » — mieux que la personne qui devrait payer pour ça à votre place.

Critère 2 : quelqu’un a déjà payé pour ce résultat.

Un client, un patron, un particulier : quelqu’un a déjà mis de l’argent pour obtenir ce que vous savez produire. C’est la preuve que ça a de la valeur.

Critère 3 : ça peut s’écrire ou se montrer une fois.

Si ce que vous savez se pose en une fiche, un guide, une vidéo courte ou une méthode, il peut travailler sans vous. Si ça ne peut exister qu’en même temps que vous, c’est du porté pur.

Un savoir-faire qui remplit les trois est un candidat sérieux. Un savoir-faire qui n’en remplit qu’un est à garder de côté pour plus tard.

L’inventaire en 4 colonnes

La grille en 4 colonnes

Ce que vous savez, ce que ça coûte, ce que ça vaut

Quatre colonnes sur une feuille : voir ce qu’on fait sans y penser.

Prenez une feuille et tracez quatre colonnes. L’objectif n’est pas d’être exhaustif, c’est de voir, écrites, les choses que vous faites sans y penser.

Colonne 1 : ce que je sais faire.
Colonne 2 : qui me l’a déjà demandé.
Colonne 3 : combien d’heures ça me prend.
Colonne 4 : ce que ça m’a rapporté.

Voici à quoi ressemble une grille remplie. L’exemple est fictif — c’est le niveau de détail attendu, pas une histoire à recopier.

Ce que je sais faire Qui me l’a déjà demandé Combien d’heures Ce que ça m’a rapporté
Cuisiner un repas complet pour 20 personnes Un ami, pour un repas de famille 6 h par repas Trois repas payés l’an dernier — de quoi couvrir plusieurs semaines de courses
Écrire un menu équilibré pour la semaine Jamais demandé directement 2 h Rien de vendu — mais tout le monde autour de vous en profite
Apprendre à découper à un débutant Un apprenti, il y a 5 ans 3 h Rien reçu, c’était du temps donné — et la personne s’en souvient encore
Tenir les stocks d’une cuisine sans rien jeter Mon ancien patron, tous les jours 4 h par semaine Déjà payé dans mon salaire — une part non dite de ce qu’on me versait chaque mois
Créer une recette à partir de restes Ma famille, souvent 1 h Rien de vendu — mais de quoi nourrir tout le monde avec ce qui restait

Trois règles pour lire votre grille :

Règle 1 : une ligne demandée est vivante

une ligne qui remplit les colonnes 1 et 2 est vivante — quelqu’un vous l’a déjà demandé. Les autres sont des savoir-faire dormants, pas des échecs.

Règle 2 : la colonne 4 valide le réel

une ligne qui remplit la colonne 4 est déjà validée par le réel. C’est la plus forte, même si les montants sont modestes.

Règle 3 : on choisit une seule ligne

on choisit une seule ligne, celle dont la colonne 4 est la plus pleine. Une, pas trois.

Les pièges à éviter en remplissant la grille

Les pièges de l'inventaire

Ce qui fausse la grille dès le départ

Il y a trois façons de se tromper, et elles sont fréquentes.

Piège 1 : écrire des compétences, pas des résultats

« Je sais bricoler » ne dit rien. « Je répare un lave-linge en une heure » dit tout. Ce que l’on pose, c’est toujours un résultat, jamais une aptitude vague.

Piège 2 : ne remplir que du jamais vendu

C’est flatteur, mais ce n’est pas solide. Une ligne sans colonne 2 ni colonne 4 est un souhait, pas un savoir-faire validé. Gardez-la, mais ne la choisissez pas en premier.

Piège 3 : mettre des heures au lieu d’euros

« Ça m’a pris 10 heures » n’est pas un rapport, c’est un coût. La colonne 4, c’est ce qui est entré : un paiement, un avantage, une économie. Même petit, il doit être réel.

Si vous n’arrivez pas à remplir cinq lignes, ce n’est pas que vous n’avez pas de savoir-faire : c’est que vous les appelez « normaux » et que vous ne les comptez plus. Demandez-vous ce que les autres viennent chercher chez vous, même gratuitement. C’est presque toujours là.

En remplissant la colonne « ce que ça vaut », on confond souvent trois choses. Sur La Freebu, le blog rappelle qu’au fond, il n’y a que trois choses facturables : ce que ça vous coûte, ce que vous produisez, ce que vous permettez. Les deux premières se voient tout de suite ; la troisième est celle qui paie vraiment.

La grille des 4 colonnes remplie : un exemple complet ligne par ligne, avec le piège signalé par la ligne 3
Deux lignes tiennent debout seules ; la troisième montre le piège — un savoir-faire que personne ne peut demander.

Voir ce que vos heures rapportent, pas ce qu’elles coûtent

Ce que vos heures rapportent vraiment

Le calcul qui remet les pendules à l'heure

La colonne 3 de votre grille vaut plus que vous ne le pensez. C’est elle qui rend visible ce qu’une heure donnée rapporte — et ce qu’elle ne rapportera jamais deux fois.

Prenez une ligne, la vôtre. Notez le nombre d’heures qu’elle prend. Multipliez-le par le nombre de fois que vous pourriez la refaire dans une année.

Exemple avec la ligne « repas pour 20 personnes » : 6 heures par repas. Si vous en faites dix par an, cela fait 60 heures. Ces 60 heures, aujourd’hui, vous ne pouvez les vendre qu’une seule fois chacune — puisqu’elles dépendent de votre présence.

Le savoir posé ne change pas ces heures, il change ce qu’elles produisent. Une méthode posée pour faire ce repas en deux fois moins de temps, c’est 30 heures que vous récupérez chaque année. Une fiche posée qui permet à quelqu’un d’autre de le préparer sans vous, c’est un résultat qui se vend même quand vous n’êtes pas là.

Il ne s’agit pas de travailler plus. Il s’agit de voir, écrit, l’écart entre ce que vos heures rapportent aujourd’hui et ce qu’elles pourraient rapporter une fois posées.

La colonne la plus difficile à remplir est celle du prix. Sur Manon Le Padellec, Manon pose l’écart qui change tout : deux personnes font la même mission, l’une y passe dix heures, l’autre trois. La valeur perçue par le client ne se trouve pas dans le nombre d’heures. Votre grille doit donc mesurer le résultat, pas le temps.

Le calcul à trois lignes : heures prises, heures évitées, puis le rapport entre les deux, avec un exemple chiffré
Le rapport des lignes 1 et 2 sert à décider si vous posez ce savoir-faire. Il ne se dit pas au client.

Ce que la grille ne montrera pas tout de suite

Ce que la grille ne montre pas encore

Les compétences qui se révèlent à l'usage

Une grille remplie en dix minutes ne vous dit pas quoi vendre. Elle vous dit ce que vous faites déjà et que vous ne voyiez plus. C’est différent, et c’est mieux.

Les lignes qui vous paraissent banales sont souvent les meilleures. Tenir des stocks sans rien jeter, organiser un repas pour vingt personnes, créer une recette avec ce qui reste : aucun de ces savoirs ne fait rêver. Tous se transmettent mieux qu’un savoir spectaculaire, parce qu’ils répondent à une difficulté que tout le monde connaît.

Une ligne vide n’est pas un échec. Si une colonne reste presque vide, ce n’est pas que le savoir ne vaut rien : c’est qu’il n’a jamais été présenté comme quelque chose qu’on peut transmettre. Un savoir qui n’a jamais rencontré de demande n’a pas été testé, voilà tout.

Le vrai résultat de cet inventaire n’est pas une liste, c’est une surprise : celle de voir écrit, par vous, que vous savez faire des choses que d’autres cherchent.

Votre grille dira ce que vous savez faire, pas comment le dire à un client. Sur Jojob, Johan Boisseau raconte avoir passé sa première année à justifier ses tarifs dès qu’on fronçait les sourcils — jusqu’au jour où il a traité son tarif comme un fait, et non comme une chose à défendre.

Ce que vous décidez après l’inventaire

Laquelle peut exister cette semaine

Une seule décision reste à prendre

La bonne question n’est pas « laquelle est la meilleure », mais « laquelle peut exister cette semaine ».

Une fois la grille posée, il reste une seule décision : par laquelle commencez-vous ? Pas « laquelle est la meilleure », mais « laquelle peut exister cette semaine ».

La règle est simple : choisissez celle dont vous pouvez parler à quelqu’un dans les trois jours, sans rien préparer. Si vous devez d’abord apprendre quelque chose, ranger quelque chose ou demander la permission à quelqu’un, ce n’est pas le bon point de départ.

Le bon savoir-faire de départ est celui que vous pouvez expliquer aujourd’hui, en sortant de table. Celui-là ne vous demandera rien d’autre que de l’écrire une fois, dans l’ordre, comme vous l’avez expliqué à votre famille depuis des années.

Choisir un seul savoir-faire

Un seul, pas trois

Le critère qui tranche entre deux bons candidats

C’est le point où la plupart des gens se perdent : ils décident de poser trois choses en même temps, et n’en finissent aucune.

Une seule ligne. Celle qui remplit les trois critères et dont la colonne 4 est la plus pleine. C’est presque toujours celle que vous faites les yeux fermés, tellement vous la répétez depuis des années.

Les autres lignes ne sont pas jetées : elles attendent leur tour. Elles deviendront le contenu suivant, plus tard, quand la première aura porté ses fruits.

Si deux lignes sont à égalité, gardez celle que quelqu’un vous a demandée le plus récemment. Le réel tranche mieux que la réflexion.

Le rendre posable : le premier geste

Trois pages, pas un chantier

La première action qui transforme le savoir

Vous avez choisi une ligne. Le premier geste n’est pas de créer un site, ni de publier quoi que ce soit. C’est d’en faire une fiche.

Une fiche, c’est court : les étapes que vous suivez déjà, dans l’ordre, avec ce que vous vérifiez avant de dire que c’est bon. Trois pages suffisent pour commencer. Vous l’écrivez une fois, comme si vous l’expliquiez à quelqu’un qui débute.

Ce geste a l’air minuscule. C’est pourtant lui qui fait passer votre savoir de « ce que je sais faire » à « ce que je peux transmettre ». Tant que ce n’est pas écrit, il n’existe qu’en même temps que vous.

Ne cherchez pas à le rendre parfait. La première version sert à voir à quoi ressemble votre savoir une fois sorti de votre tête. On l’améliore ensuite, avec de vrais retours.

Votre plan d’action en 4 étapes

Quatre gestes pour la semaine

Remplir la grille, choisir, écrire, annoncer

Cochez au fur et à mesure :

1. Tracez les 4 colonnes et remplissez au moins 5 lignes.
2. Entourez la ligne qui remplit les 3 critères et dont la colonne 4 est la plus pleine.
3. Écrivez, à côté, le nombre d’heures qu’elle prend dans une année entière.
4. Écrivez la première version de la fiche pour cette ligne — trois pages, pas plus.

Une fois que c’est fait, vous ne partez plus de zéro : vous savez exactement quoi poser, et vous avez déjà commencé.

C’est là que commence le vrai changement : pas dans une décision, mais dans une chose écrite une seule fois, qui travaille ensuite sans vous.

Une fois votre ligne choisie, la suite est ici : poser plutôt que porter son savoir, puis le poser en sept jours. Et si vous hésitez encore entre plusieurs savoir-faire, la grande liste des 101 pistes vous aidera à trancher.

Pour la marche à suivre complète, recevez le guide et faites votre inventaire (PDF).

À faire maintenant : prenez une feuille et tracez les quatre colonnes. Remplissez-les avec ce que vous avez sous la main, sans chercher à être complet. Une colonne remplie en dix minutes dit plus qu’un inventaire parfait jamais écrit.

Le plan d'action en quatre étapes avec les délais, une semaine par étape, et le livrable attendu
Une semaine par étape, et le livrable posé avant de passer à la suivante. Si ça dépasse, on réduit l’étape.
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